Incroyable pourtant c' est vrai ca c' est passé de 1941 à 1983

Incroyable pourtant c' est vrai ca c' est passé de 1941 à 1983

La vérité si je mens, ou le mensonge Suisse à la communauté Internationale


La vérité si je mens, ou le mensonge Suisse à la communauté Internationale

La Suisse propre en ordre ou Les barreaux de la honte…

 

DSCF0092"La Suisse a longtemps utilisé l’internement administratif comme un instrument de contrôle social. Tant qu’il était en vigueur, elle n’a pas pu rejoindre les pays membres à part entière de la Convention européenne des droits de l’homme. Récemment, la Conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf a exprimé ses excuses et ses regrets lors d’une cérémonie officielle à Hindelbank. Mais les victimes d’hier demandent aujourd’hui que la Suisse se donne les moyens pour réaliser des études historiques conséquentes. Seule manière de comprendre les mécanismes administratifs et juridiques à l’œuvre dans la privation de liberté à but d’assistance, dont des personnes de tous âges ont été victimisées."

//www.rts.ch/emissions/temps-present/politique-suisse/2918272-les-barreaux-de-la-honte.html

Réaliser des études historiques "conséquentes" ? Il ne faut tout de même pas rêver…car qui était ces âmes que l’on chercha à détruire coûte que coûte, le mieux étant qu’elles en arrivent à s’autodétruire ainsi tout était parfait et personne n’était coupable de quoi que ce soit… La Suisse propre en ordre, la Suisse et "l’épuration" ou "filtration" je modère, non que je minimise en l’instant mais je travaille sur le sujet à fond ! Aurait-elle donc souhaité une race pure comme ce fut le cas dans un autre pays ? L’idée non seulement progresse mais surtout le travail d’histoire et par conséquent de mémoire que j’effectue auprès d’un rescapé de cette triste méthode d’épuration (désolée j’y reviens c’est comme une stance lancinante qui me ronge et pourtant je ne fais que lire moi.. Je n’ai pas vécu cela !) Mater dolorosa aux côtés d’une "pauvre" (pauvre et brave des mots qui commencent à vouloir dire quelque chose) âme qu’ils n’ont pas réussi à détruire ! Pire ! Il décida d’être un bâtisseur là où beaucoup de ces camarades enfermés pour des motifs plus que douteux, voire inexistants se sont suicidés ! Ils ont hurlé avec les loups ! On ne les a pas entendus alors ils ont préféré quitter cette vie, mais quelle vie ? Enfermés, humiliés, tabassés, soumis au travail forcé dans des endroits tenus secrets ou plutôt discrets…enfin loin de tout, loin des autres, loin de la vie, les rats subissaient sur la montagne de Diesse par exemple que j’ai eu l’occasion de visiter il y a peu ! Effroi, horreur, nausée depuis des semaines me tiennent surtout lorsqu’on lit a posteriori le livre mémoire de ce rescapé de Diesse comme il dit ! Un rare qui témoigne, épingle, menace et fera éclater la vérité, car si lui le bâtisseur, architecte/expert de métier a survécu à l’horreur des camps dignes des méthodes nazies, beaucoup sont morts, disparus, stérilisés, alcooliques, déprimés ! Lorsqu’on ôte toute dignité à l’humain reste alors des débris, des morceaux de soi un peu en désordre, des images qui reviennent et qui hantent pendant des décennies, car on vit avec on oublie jamais l’horreur, jamais ! Centres de rééducations ou de rétentions mais rééducations de quoi ? Pourquoi ? Le but ? Et qui concernait qui surtout ? Voilà la bonne question !

Je doute fort et Philippe également de l’impartialité et comment disent-ils déjà dans l’article : " la réalisation d’études historiques conséquentes " je ne sais si je dois sourire ou m’indigner, en revanche le travail d’histoire et de mémoire, Philippe et moi allons le faire et qui mieux qu’un survivant peut l’accomplir et le temps presse, car les survivants ne sont plus nombreux à présent ce qui dérange une certaine Suisse propre en ordre ! Hum une Suisse dont le passé creusé fait mal à lire, nous sommes dans ce travail d’histoire et si vous avez des documents ou autres informations il faudra nous le faire savoir, c’est important ! Pourquoi ?Est-ce important ?

Parce qu’un jour j’ai dit à Philippe :

" Écoute ! Tu as réussi ta vie, bien au-delà de ce que l’on pouvait imaginer, surtout ceux qui voulaient absolument l’anéantir (le mot n’est pas trop fort je connais bien le sujet !!!) pourquoi tu t’obstines ! Regarde ! C’est ta réussite, ta victoire, tu les as niqués ces gros c…, ces saloperies. Alors ?

Il m’a regardée avec sa grande douceur coutumière. Il a posé sa main sur mon épaule et m’a dit :

" Marie ! Il y a toujours la petite voix qui revient sans cesse: "ne nous oublie pas nous !"

Probablement ceux qui gisaient et qui tournaient au vent mauvais comme des girouettes sur la branche d’un arbre à Diesse, sur la montagne. Ce même arbre qui est toujours présent, la branche tout y est, le décor n’a guère changé plus d’un demi-siècle plus tard !

 

Ils gisaient là , les deux frères, pendus, ballottés au vent mauvais et aucun gardien (oui des gardiens dans un centre de rééducation c’est étrange, on pourrait parler d’animateurs ou d’éducateurs mais gardiens enfin …. digression terminée en l’immédiat !) donc aucun gardien ne les avait dé pendu laissant ces deux âmes adolescentes à la vue des autres détenus (gardiens = détenus ! logique non ?) à six heures du matin dans le froid, car ils allaient déneiger une route à la pelle par moins 15 dehors ! Eh oui, on va te "mater" c’est se qui était crié en arrivant et en ce concerne Philippe, ce fut mater mais de quoi ? Qu’ai-je fait pour mériter un sort pareil !DSCF0102

Mesdames ou Messieurs les historiens développer les faits en conséquence, oui, en profondeur, car nous faisons de même et donc je réitère bien que je suis perplexe quant à la véracité de ce que vous nous argumenterez , si vous produisez quelque chose, car il est difficile d’étayer et de parler de ce qui fut quand tout a disparu, quand toutes les pièces de certains dossiers sont manquantes, inexistantes et l’on se demande bien pourquoi… ? L"épuration encore ce terme qui correspondrait donc à une envie de nier les faits, les personnes également brisées, de même par voie de conséquence tous les rapports de police ou autres les noms des bourreaux qui, même s’ils mangent actuellement les pissenlits par la racine, entacherait la descendance….

Mais vous aurez sûrement alors des explications à nous fournir sur ces pièces manquantes, les buts et aussi où sont les disparus ! A moins qu’il n’y ait ici une manifestation étrange du type "triangle des Bermudes" avec des disparitions inexpliquées…au fond nous demandons juste à savoir…

Marie de Cœur

biographe et auteur

 

"Et voilà que Noël approche. Cela va être, à nouveau un moment où mon moral va s’écrouler, je sais que je vais rester ici.
Je vais penser à ma maman, à cette souffrance qu’elle endure depuis si longtemps, à mon père qui lui aussi malgré son alcoolisme, se sachant impuissant à réagir face à tant d’injustice, à mon frère qui même s’il essaye d’être dur avec lui- même va en souffrir, par mon absence pour cette fête qui normalement réunis toute la famille depuis des siècles.
Hier, j’ai répondu à la lettre de ma mère. J’ai voulu lui expliquer que j’en avais pris pour deux ans supplémentaires, mais finalement je n’ai pas osé le lui dire. A quoi bon la faire souffrir encore plus, avec ces décisions arbitraires, elle ne comprendrait pas, elle serait encore plus révoltée, je ne veux plus la voir pleurer et maudire ces salauds !
Ce matin du 23 décembre 1967, les garçons sont partis rejoindre leur famille, moi je suis dans le groupe de rassemblement, avec tous ceux qui restent pour passer ces fêtes en prison. Je lis la désolation sur leur visage. Ils sont dans le même état d’esprit que moi. Nous sommes désabusés, complètement anéantis… Comment ce pays peut- il traiter des adolescents, des enfants de la sorte et de quel droit ?
Après le repas , nous regagnons le groupe des laissés pour compte. Quelques -un trouvent encore le courage de jouer aux cartes, de rire mais cela sonne faux. Ils le font pour ne pas penser à leur sort ! Je le perçois au travers de leur comportement. Beaucoup ont déjà regagné leur cellule, ils s’isolent, peut-être pour pouvoir pleurer leur chagrin, vider les larmes de leur corps. Se retrouver en prison pendant les fêtes c’est inimaginable en douleurs pour celui qui ne connaît pas cela. Les portes de nos mouroirs se sont refermées sur nous, il n’y a plus aucun bruit… La lumière s’est éteinte !
La nuit va faire son travail, nos yeux se fermeront, nos pensées se disperseront dans nos rêves. Demain nous nous lèverons encore plus tristes en regardant ces murs vides de vie."

Extrait

"Les oiseaux se trompent parfois de nid"

Philippe Frioud

//www.internes-administratifs-suisse.com/

En écriture et relecture…sortie du livre 2014

 

 

 


07/06/2014
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